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Patrimoine

-LA COLLECTRICE DE MALONS

Merci à Pierre-Albert CLEMENT pour l’autorisation de publier
dimanche 9 janvier 2022 par Webmestre Mairie de Malbosc

La collectrice de Malons

  • Pierre-Albert CLEMENT — CHEMINS à TRAVERS LES AGES — ISBN :2-85998-275-2

La deuxième collectrice est la plus difficile à repérer car elle n’est pratiquement plus empruntée par les bergers depuis 1914. Elle canalisait l’immense flot des transhumants des basses plaines et des garrigues de l’Uzège en route pour les pâturages du Gévaudan ou du haut Vivarais.

Deux brailles se rejoignent à Courry. La première arrivait par Saint-Ambroix et Saint-Brès où elle empruntait la combe du Bourboul et longeait les Trois-pierres, réminiscence possible d’un ancien dolmen. La deuxième est repérable entre Saint-Sauveur-de-Cruzières et le hameau des Cayrades.

La collectrice prenait naissance à la ferme de la Draille, avant de grimper le col de Pierre-Morte qui paraît avoir fixé l’itinéraire depuis le Néolithique. Par la Bourguette, les troupeaux redescendaient sur la Gagnière, dont ils remontaient le lit jusqu’au gué du mas de la Loubatière où ils faisaient traditionnellement étape au XIX siècle. La collectrice grimpait le serre de Chamalle pour redescendre franchir l’Abeau à la Baraquette. A partir de là, elle suivait la ligne de faîte par le serre des Abeillards, le serre du Corbeau et la côte de Bessas qui sépare Sabuscles et Malbosquet. Au- dessus du hameau de Fabre, les quartiers des Fumadasses et de la Draille suggèrent l’antiquité de cet itinéraire. Les troupeaux empruntaient ensuite l’aiguovers qui fait toujours la limite entre les communes de Malbosc et de Brahic.

Sur le versant sud de la Croix-d’Esparguet on a la surprise de retrouver intactes une douzaine de cabanes dont les voûtes à encorbellement ont défié les siècles. D’avril à août, les troupeaux collectifs des hameaux voisins du Frontal, de Malbosquet et de Bonnevaux montaient chaque jour paître sur le plateau sous la garde de bergers communs. Dans son Voyage dans le midi l’Ardèche paru en 1884, Albin Mazon rapporte qu’ils communiquaient avec ceux qui pacageaient dans le serre voisin de Barre au moyen de conques marines. On imagine aussi les disputes qui pouvaient naître entre pâtres autochtones et pitres transhumants lorsque, lors de la montée ou du « davaller » les bêtes venaient à se confondre en un mouvant mesclador (mélange). En continuant sur la crête, on parvient à la font de Lalle dont les eaux fraîches possédaient la faculté de dissoudre en quelques secondes les morceaux de pain que les bergers avaient coutume d’y jeter. A partir de là, le chemin d’estive qui fait la limite entre le Gard et l’Ardèche, figure sur le cadastre de Bonnevaux sous le titre poétique de « grande draille des troupeaux venant de Languedoc »

Il passe au sommet de la Fage (cote 946) dont le nom évoque la hêtraie dis- parue et emprunte le cros de Coulis jusqu’aux partages en offrant, par temps clair, des paysages à perte de vue dans toutes les directions.

  • Une variante plus méridionale se présente elle aussi comme une voie de crête très pittoresque. Partant de la Loubatière, elle se hisse sur le serre de la Loubatière (cote 881) par les lieux-dits aux noms révélateurs de l’Eyrole, la Draille, les Abeouradous et les Triadous. Ensuite, elle suit la cime de la Gardette (cote 835), descend sur le col du Péras (cote 771) et remonte sur la cham de Bonnevaux et sur le lieu-dit la Garde-de-Dieu (cote 944). La carte IGN désigne cette portion sous l’appellation erronée de « draille du Languedoc » Après la jonction des deux itinéraires, aux Cartades, la collectrice court à travers la forêt domaniale du serre de Granval, pour atteindre Malons et le mas de l’Ayre. La graphie « l ’Ayre », relevée par la carte IGN, correspond bien à. l’origine de ce haut lieu de la transhumance et condamne la forme moderne « l’Air » qu’a adoptée l’équipement. Après le Mas de l’Ayre, la collectrice se divisait à nouveau en deux drailles principales. La première par le col du Bonietou et Villefort, gagnait les estives du mont Lozère ou de la foret de Mercoire. La seconde, qui allait franchir le Chassezas en dessous d’Elze, grimpait sur le serre de Vignelongue où il existe toujours un lieu-dit les Aires. De là, les troupeaux se dirigeaient vers les pâturages du plateau de Montselgues et du massif du Tanargue..

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Collectrice de Malons colorisée (in extenso)


Documents joints

Collectrice de Malons PDF (in extenso)

9 janvier 2022
Document : PDF
2.7 Mo

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